
Au tournant de ses expéditions et voyages, le photographe Timm Rautert réalisa trois ans durant des photos d’entrées et de sorties pour le compte de FSB. Otl Aicher exigeait alors que fut réalisé un recueil constitué «de photos et de textes secs ».
Le 24 janvier 1989, le photographe nous écrivit à ce propos : « un tel ouvrage déploierait une conception incontestable, sans qu’il se transforme en album. Il pourrait constituer une entité à part dans toute la série des livres. Il décrit le milieu des béquilles dans le langage objectif de la photographie ». Les « textes secs » furent fournis par le critique en architecture, Wolfgang Pehnt, et par le poète, Juergen Becker. Il ne fut pas difficile de mobiliser Pehnt. De par son métier, il fait partie de la profession du bâtiment. Mais comment donc un fabricant de béquilles de portes va-t-il à la rencontre d’un poète ? Hans Magnus Enzensberger avait les mains dans le jeu. Otl Aicher avait recommandé de nous adresser à lui.
Début août 1989, Enzensberger nous écrivit ceci : « Cher Monsieur Braun, Voici le candidat que je recommande : Juergen Becker … joignable par le biais de « Deutschlandfunk », la radio allemande. Ses ouvrages ont paru aux éditions Suhrkamp. À recommander fortement. Bien cordialement. Hans Magnus Enzensberger ». Or, ce que Hans Magnus Enzensberger et nous-mêmes ignorions en ce temps et qu’il fallait découvrir, c’était que Juergen Becker et Wolfgang Pehnt travaillaient tous deux assis depuis des années, sur le même palier de la radio allemande à Cologne, portes juxtaposées.
En 1991, le magazine culturel « aspekte » de la TV hessoise consacra une émission télévisée de douze minutes à l’ouvrage et à l’entreprise en question, dans laquelle les deux auteurs de textes, Wolfgang Pehnt et Juergen Becker, prirent la parole. Il s’agissait alors de trouver le dénominateur commun à la culture intellectuelle et artisanale. FSB fut cité comme exemple conjuguant harmonieusement les deux aspects.