
Qu'un atelier puisse déboucher sur des produits commercialisables, FSB l'a déjà maintes fois démontré. Le fabricant de poignées de portes et fenêtres sis en Westphalie orientale s'apprête à référencer 5 remarquables ébauches issues de l'atelier « KlinkenPaar – PaarKlinken » (paire de poignées – poignées appariées), qui ont déjà suscité un extraordinaire écho auprès du public dans le cadre de l'exposition organisée au Stilwerk de Berlin et, dernièrement, sur le salon BAU 2007.
L'atelier « KlinkenPaar – PaarKlinken » s'inscrit tout droit dans la tradition du désormais légendaire « Türklinken-Workshop in Brakel » (atelier "poignées" de Brakel) qui, à la fin des années 1980, réunissait l'élite internationale des architectes et designers dans une quête de la béquille de porte idéale. L'an passé, FSB conviait à une approche quelque peu moins conventionnelle de l'artefact servant de prolongement à la main : comme la porte, la béquille possède en effet elle aussi deux côtés qui ne doivent pas forcément être identiques. L'idée de ne pas s'adjoindre tel ou tel unique concepteur, mais de présenter le défi à des couples de créateurs, fit dès lors rapidement son chemin.
Seize couples de designers et d'architectes renommés ont adressé une gamme étonnamment vaste de poignées appariées : paires de contraires et paires de points communs, poignées « masculines » et poignées « féminines », formes organiques « douces » et modèles high-tech « durs », œuvres d'art sculpturales et figures élémentaires renversées. Les 5 poignées appariées qui vont désormais rejoindre la gamme FSB séduisent dans une même mesure par une approche design bien à elles et une haute valeur d'usage. Le nom de chaque modèle en dit long et résume le concept créatif.
Formes élémentaires
(Gesine Weinmiller et Ivan Reimann, www.weinmiller.de | www.mueller-reimann.de )
Se prêtant aux édifices grand public, ce modèle de poignées accouplées mise sur la réduction et s'interdit toute « velléité décorative excessive ». Deux corps métalliques en aluminium ou acier inoxydable développés à partir de formes géométriques élémentaires anguleuses forment un relief « plastique » dont la sévère élégance résulte de l'alternance de vue entre trapèze et rectangle, ligne et surface. Le col court de l'un des modèles de béquille est uni au vantail de porte sous forme de rectangle vertical, celui de l'autre modèle sous forme de rectangle horizontal. La même alternance définit les différentes coupes frontales des manettes. Les plaques découpées dans des matériaux pleins soulignent emblématiquement l'effet des formes élémentaires.
Poignées pour la ville volante
(Mascha Veech-Kosmatschof et Stuart A. Veech, www.veech-vma.com )
Le couple d'architectes Stuart Veech et Mascha Veech-Kosmatschof est connu pour ses déliés organiques et ses structures mobiles lors de l'agencement d'espaces, d'environnements et d'installations. Tout aussi fluide d'aspect est leur ébauche, qu'ils ont conçu à l'aide d'un logiciel servant à l'origine à simuler les écoulements liquides et gazeux, mais aussi la dynamique d'un banc de poissons. Les poignées font l'effet de deux figures polies par la mer : fluides, souples et dynamiques – et pleines de verve organique. FSB expérimente actuellement différents matériaux pour la fabrication en série de ce modèle.
Histoire de l'art, helléno-orthodoxe
(Petra et Paul Kahlfeldt, www.kahlfeldt-architekten.de )
Le modèle prend pour base la référence aux colonnes ioniques et doriques. « Petra » – ainsi que les deux concepteurs ont logiquement baptisé la poignée « femelle » – reprend ce faisant en fine abstraction le doux entasis, le chapiteau et le tore des colonnes ioniques, tandis que « Paul » s'oriente sur la forme conique des colonnes doriques avec leurs fines cannelures et leurs echinus. Réalisées en laiton massif poli et pourvues d'une plaque finement décorée, les deux poignées sont l'incarnation emblématique d'une attitude conceptuelle soucieuse de rattacher la modélisation et la construction modernes au trésor d'expériences de l'histoire de l'art et aux traditions de l'architecture classique.
Point – ligne – surface
(Maximià Torruella et Patricio Martinez, www.arquitecturagb8.com )
Une simple rotation de 90 degrés transforme un unique modèle – un ruban d'acier plat recourbé en béquille – en deux poignées différentes, selon que le ruban est posé horizontalement ou verticalement par rapport au col de la béquille. Sur le ruban monté horizontalement, le col de la béquille fait une saillie visible sous forme de cylindre d'acier présentant une surface extérieure circulaire qui propulse au centre, d'un point de vue également optique, le point de rotation de la béquille. Sur la contrepartie verticale, le cylindre est en revanche masqué par le ruban d'acier et sert simultanément d'attache.
Indices d'action
(Stefanie et Martin Naumann, www.fischer-naumann.de )
Ce modèle prend pour point de départ les différentes suites de mouvements nécessaires à l'ouverture et à la fermeture d'une porte. De cette force de pression et de traction, Stefanie et Martin Naumann ont tiré la conséquence suivante en termes créatifs : les deux poignées ont certes la même morphologie de base, mais se distinguent dans le détail par des mises en forme qui identifient les différents modes de préhension. La poignée à l'aide de laquelle on pousse la porte dans la pièce dispose d'un « frein poucier » nettement visible, tandis que celle avec laquelle on tire la porte à soi présente un creusement destiné à l'index. La poignée appariée sera disponible avec, au choix, manette en plastique ou en bois.